--- Je raccrochai le téléphone, contente. Jessica pouvait être d'une imbécillité ! Ce matin, Kriss lui a fait un très bon coup. Il lui a envoyé une lettre lui faisant croire qu'il était amoureux d'elle. Et pourtant elle sait très bien qu'on sort ensemble. Quelle sombre idiote ! Jessica s'est fait prendre ! Elle restera débile toute sa vie on dirait.
Ma mère, toujours autant excitée que le début de la semaine, m'appela pour dîner. A table, le silence fut très vite rompu. Mes parents avaient quelque chose à m'annoncer, ça se voyait. Je me servis un peu de riz, tout en gardant mon regard sur les yeux luisants de ma mère.
- Elena, nous avons quelque chose à te dire !
- Oui, je vous écoute.
Ma mère se tut. On aurait dit que toute sa motivation avait fondue a cause du simple fait d'avoir prononcer cette phrase. Mais elle se retourna vers mon père puis reprit la parole, avec le même ton que tout a l'heure :
- Nous avons décide, ton père et moi, d'accueillir une fille pour cet été !
Je la regardai, les yeux écarquillés et la bouche ouverte, muette de stupeur.
- Une fille, répétais-je d'une voie sourde.
- Oui. Cette fille est malade Elena. Elle fait partie d'une association pour enfants de son cas. Tu te rappelles du reportage qu'on a vu il y a quelques mois ?
- Oui, sur ces enfants qui ont le cancer.
- Voila, mais cette fille a une malformation cardiaque, c'est ça la différence. On va l'accueillir Ellie.
Je me tus, puisque de toute façon je n'avais rien à dire. Et puis j'étais encore sous le choc.
- Et quel age a-t-elle ?
- A peu près le tien, 16 ans.
- Elle arrive quand ?
- Dans une quinzaine de jours.
Le reste du dîner se passa calmement. Moi je réfléchissais à ce que ma mère venait de m'annoncer, et eux n'arrêtaient pas de me dévisager, pour comprendre ma réaction, plutôt calme. Je m'apprêtai à rentrer dans ma chambre quand ma mère me retint par le bras.
- Elena, j'espère que ça ne te dérange pas.
Je contemplai pendant un moment le visage de maman. Elle semblait tellement heureuse de faire ça. Elle en avait envie depuis si longtemps. Je ne voulais pas gâcher son bonheur, et après tout je n'en avais aucun droit.
- Non maman. Pourquoi ça me dérangerait ?
Un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle me lâcha la main et se dirigea vers le couloir qui menait à sa chambre. J'entrai dans la mienne. Je m'assis sur mon lit. Pourquoi cela me dérangeait autant ? Je connaissais la réponse à ma question. Ce qui me dérangeait c'est que mes parents aient pris cette décision tous seuls. Mais ce n'était pas grave. Je laissai tomber le reste de mon corps sur le matelas moelleux. Au fond de moi j'étais contente d'avoir une nouvelle compagnie pour l'été. Et puis c'était pour une bonne cause. Une fois mes idées claires, je me sentais beaucoup mieux. Je pris un bout de papiers et commençais à écrire un poème. Je le faisais de plus en plus fréquemment. Comme la course, cela m'aidait à me détendre.
Kriss m'attendait sur le seuil de la porte. Il était adosse au mur. Quand je fus prête, je le rejoignis. Il me colla un baiser tendre sur la joue avant de me prendre la main.
- Alors on y va ? Me demanda-t-il.
- Oui, on y va.
J'embarquai dans sa voiture. La musique qu'il y avait à la radio était une chanson douce que je ne connaissais pas. Elle mettait une ambiance intime dans la voiture. Nous nous dirigions vers le cinéma pour assister à la séance de 20h 00. Pendant le trajet nous avions échangé plus de regards que de mots. Mon c½ur battait la chamade, juste à la vue de son sourire si craquant.
Quand nous sommes arrives, Kriss vint m'ouvrir la portière comme un vrai gentlemen. Nous entrâmes dans la salle à la lumière déjà éteinte, après avoir acheté de quoi grignoter. Le film avait a peine commence. Après quelques minutes, Kriss se permit d'entourer mes épaules de ses bras muscles. C'était oblige, je reposai ma tête contre la sienne.
Le film me sembla avoir passer en une seconde. Puis Kriss me prit la main et m'entraîna hors de la salle. Il m'embrassa lentement sur les lèvres. Il me regardait intensément dans les yeux comme pour m'avouer combien il m'aimait, mais avec une sincérité hors norme. Je lui rendis son regard en apercevant le sourire qui se dessinait sur ses lèvres.
Kriss me raccompagna chez moi. Je l'invitais à entrer parce que de toute façon mes parents n'étaient pas la. Mais il était presse et avait quelque chose à faire. Il posa un dernier baiser sur ma joue, avec un geste si léger que j'en tressaillis. J'entrai et je refermai la porte avec un petit soupir. Je m'affalais sur le divan pour mieux fixer le plafond qui m'inspirait beaucoup ces derniers temps. Je restais tranquille pendant un long moment. Des milliers de pensées se bousculaient dans ma tête. Il me paraissait si bizarre que je sorte avec le garçon le plus canon de notre classe. En fait, je rêvais de lui nuits et jours depuis le début de l'année. Normalement, il devait rester ce garçon indéfiniment irrésistible dont on a envie, mais qui ne nous aimerait jamais. Et aujourd'hui c'était le même garçon qui m'avait fait trembler avec ses baisers. Je me rendais compte de l'étrangeté de la situation.
Je partis me préparer pour la nuit. Je brossais mes dents après avoir mis mon pyjama. Je mangeais mes Corn Flakes en me disant que j'étais la fille la plus heureuse au monde.
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